Un spectacle trop sombre pour enfant malgré une qualité  de la création artistique.

Un chien dans la tête, c’est l’histoire d’un petit garçon dont le père a perdu la raison. Il est appelé « le fils du fou ». Sa mère est dépressive, elle fume dans le salon toute la journée. Ce fils doit faire face avec difficulté aux moqueries de ces camarades il voudrait « être transparent ». Sa maman lui somme « d’effacer les autres ». Pour se sauver le fils du fou se plonge dans un univers bien connu, celui de l’enfance. Il y retrouve deux personnages imaginaires (celle qui reste et le fils de la baleine) victimes de moqueries comme le fils du fou. Eux, ont pu surmontés la honte et l’émotion violente qui les habitent, ils accompagneront le personnage principal sur le chemin de l’acceptation vis à vis de ce père et de la rébellion face à ces moqueries

Un chien dans la tête.
Christophe Raynaud de Lage

Théâtre national de Bordeaux en aquitaine – Mercredi 10 février 19 h30.
Metteur en scène: Olivier Letellier
Texte de Stéphane Jaubertie
Scénographe : Antoine Vasseur
Costumes :Nathalie Martella
Lumières : Sébastien Revel
Créaton sonore Mickael Plunian
Créateur des marionnettes Simon Delattre et le Collectif Mazette
Comédiens, Manipulateurs : Camille Blouet, Alexandre Ethève, Jérôme Fauvel

Les marionnettesJ’ai eu la chance de profiter d’une initiation à la manipulation de marionnettes lors de mon parcours de formation (Licence Arts Du Spectacle). Sylvie Baillon, mon professeur d’alors formée à l’École Supérieure Nationale des Arts de la Marionnette (ESNAM) de Charleville-Mézières m’a permis de connaître les ressorts de la manipulation. Le but du manipulateur est de disparaître derrière sa marionnette. Il y parvient en ne portant son regard et donc en orientant le regard du spectateur exclusivement vers sa marionnette. Ce qui est perturbant dans la proposition d’Olivier Letellier c’est que les manipulateurs jouent aussi des personnages. Je trouve intelligent de mêler des personnages incarnés par des comédiens et des personnages incarnés par des marionnettes, mais le spectacle est est présenté comme un spectacle de marionnette or le jeu des comédiens prenaient à mon sens beaucoup de place par rapport à la place des marionnettes.

Pour ce qui est de la réalisation des marionnettes, j’ai trouvé très intéressante la proposition de la longue perruque rousse pour personnifiée la mère. Elle est manipulée à distance et en hauteur par rapport « aux enfants ». Fixée au bout d’une tige, d’un balai elle permet de mettre en scène une attitude nonchalante par les ondulations que provoquent les mouvements des longs cheveux. Elle permet également de matérialiser un contact entre l’enfant et sa mère, les cheveux glissant sur le visage et le buste de son fils. Les deux autres marionnettes représentant deux enfants ou adolescents sont touchantes et joliment réalisées. Elles aussi mise en mouvement à distance au bout d’une tige, cela implique de la part des manipulateurs une forte présence au niveau de la voix ainsi que des mouvements francs et nets. Ce choix aurait pu être pénalisant si les marionnettes n’avaient pas été si expressives : le choix de la manipulation à distance n’était pas dérangeant.

Christophe Raynaud de Lage

Un spectacle familial?

Selon la brochure distribuée en début de spectacle, il s’agit d’un spectacle familial et pour les enfants à partir de 8 ans. J’émets cependant une réserve quant au caractère ludique de ce spectacle. L’atmosphère plonge le public dans une espèce d’angoisse qui me semble peu propice aux jeunes enfants. De plus les voix des marionnettes sont transformées pour trancher avec celles des comédiens/personnages ; on a alors l’impression que les comédiens sont sous héliums ! Je vous avoues que cela gène quelque peu l’oreille au bout d’un moment et peut peut-être faire peur à certaines enfants.

J’imaginais un spectacle différemment construit sur le thème de la honte transmis par des marionnettes. Je pensais que le metteur en scène aurait pris le parti de mise en scène du comique et non de l’angoisse pour un théâtre familial. J’ai donc été désagréablement surprise par ce choix. J’ai cependant apprécié la qualité des marionnettes à mon sens trop peu exploitées.