Lagre Nadine était un homme!

Cette pièce nous plonge dans un univers loufoque auquel il faut adhérer. L’histoire débute avec Patrick, le seul homme d’une maison de femmes qui s’étouffe avec une paupiette de veau. Il en meurt. Les femmes de la maison décident alors de le ressusciter. Nadine Lagre persuade les autres femmes de la maison de faire appel à Gilda, la voisine qui ressuscite les morts..Lagre Nadine est une amie qui est en réalité un homme dont on apprend le nom de famille au cours d’un jeu de mots assez grotesque. Gilda  aurait déjà réussit à faire revivre sa chouette prénommée Marilule. Rose (une autre amie), Irène (la femme de Patrick), Carole (sa maîtresse), et Véronique (sa sœur) se font convaincre de tenter l’aventure. Alors commence un drôle de rituel, mené par Gilda et son tambour chamanique. Tour à tour, les femmes de la maison vont faiblir. Elles se questionnent sur le bien fonder de ramener Patrick à la vie. Elles finissent  finalement le ressusciter ! Tant de questionnements pour faire passer le temps….

Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine – Salle Jean Vauthier – le 13 octobre 2016 -20h

Metteur en scène: Anna Nozière
Scénographe : Alban Ho Van
Son : Loïc Lachaize
Lumières: Elsa Revol
Costumes Cécile Léna
Durée : 1h15

Des clichés mal utilisés

Après ce pitch palpitant, vous avez sans doute une folle envie de courir voir cette pièce de théâtre. Je vais vous démontrer qu’il est inutile de vous déplacer. Certaines pièces de théâtre même avec une histoire pitoyable parviennent à me surprendre. En effet, une mise en scène riche ou la scénographie exceptionnelle peuvent sauver l’impression générale. . Malheureusement ici rien de tout cela le jeu des acteurs était grossier, exagéré. Par exemple, la voisine qui ressuscite les morts est le cliché même de la voyante qui vit dans son monde. Elle sent « des mauvaises ondes » et doit avoir plus de 150 ans…. Elle doit faire un sacrifice pour ressusciter Patrick elle choisira de tuer un oiseau. Par ailleurs, chaque personnage a son moment de doute saupoudré d’exclamations grotesques.Le genre de grandes exclamations pour exprimer le désarroi qui me font hurler dans le théâtre amateur et qui étaient ici, poussées à l’extrême.

Une obsession pour le bleu!

Aussi je m’interroge sur le choix de Madame Léna d’avoir vêtu tous les personnages de bleu ? Est-ce une demande du metteur en scène ? Est-ce que vous aviez acheté trop de tissu bleu et qu’il fallait donc le rentabiliser? Le noir aurait été compréhensible étant donné la période de deuil mais j’avoue ne pas comprendre cette obsession du bleu. La scénographie était elle aussi a dominante bleue : Le fauteuil bleu, les lumières bleutée… Pouvez-vous m’expliquer ?

Des personnages particuliers…

On rit parfois, on ne sait si c’est par désespoir ou par réel effet comique, mais j’avoue avoir ri lorsque Carole dit avec un ton grave « Vous savez, Irène, j’en ai bavé, comme un escargot » Je tenais a partager avec vous cher lecteur cette fenêtre d’humour. On peut comprendre que ce pauvre Patrick aurait préféré ne pas être imbécilement ramené à la vie pour vivre avec des femmes hystériques et une femme qui vient de s’apercevoir qu’elle est un homme.

Je tiens tout de même saluer la performance de l’acteur qui jouait Patrick car il est resté quasiment toute la pièce mort mais un mort manipulé…. ! C’est très difficile de jouer un mort, je vous assure, il ne faut pas bouger pas sourire, rester malléable lorsqu’on est transporté…Je ne sais plus quel est le personnage placé dans le congélateur mais il faut également saluer la performance car lorsque ce personnage est sorti du congélateur il garde la position pendant au moins 5 minutes ! Lorsque je suis sortie de la salle la seule chose que j’avais retenu c’est que Lagre Nadine était un homme, il a fallu que je me replonge dans mes notes pour écrire cette critique…

En conclusion….

Je m’interroge sur le bien fondé d’avoir mis ce spectacle en ouverture de saison au théâtre national de Bordeaux en Aquitaine. Ne craignez-vous pas de faire fuir les spectateurs?