Le Quat’sous est une adaptation de trois romans d’Annie Ernaux Les Armoires vides, Une Femme et La Honte Ces trois romans semblent se réunirent en un personnage qui est interprété par trois comédiennes. Ces-dernières n’échangent que peu les unes avec les autres. Cela rendait la pièce et la mise en scène assez fade. En effet, j’ai trouvé regrettable que nous ayons la sensation d’être spectateur de trois monologues. Il n’y a trop peu d’interactions et trop  peu de jeux de scène.

Théâtre national de Bordeaux en aquitaine – Salle Jean Vauthier – Mardi 15 novembre – 20h
Metteur en scène: Laurence Cordier
Comédiens Delphine Cogniard, Aline Le Berre, Laurence Roy.
Auteur : Annie Ernaux
Adaptation :Laurence Cordier, David D’Aquaro
Scénographe : Cassandre Boy
Costumes : Charlotte Merlin
Durée 1h30

Si j’avais dû mettre en scène cette pièce soit j’aurais fait le choix assumé que cette histoire est celle d’une seule et même personne. Soit j’aurais au contraire pris la liberté de séparer les récits et de donner une réelle identité à mes personnages. J’aurais par exemple fait évoluer dans un décor identifié (hall de gare avec un banc, cour de récréation avec la sonnerie stridente de l’école….) mes trois femmes.Dans votre proposition Laurence, j’étais perdue, tantôt convaincue qu’il s’agissait d’une seule et même histoire: les comédiennes parlaient à l’unisson, elles avaient les mêmes émotions et poursuivaient le même texte. Tantôt convaincue qu’il s’agissait de trois monologues distincts de part les réactions des unes par rapport aux autres et part le contenu du texte. Je suis allée voir cette pièce avec une amie qui a lu les romans d’Annie Ernaux, elle me dit avoir retrouvé son phrasé, son écriture particulière. L’adaptation est donc réussi pour les lecteurs qui aiment Annie Ernaux!

Quelle Histoire!

Revenons à l’histoire, car finalement vous, lecteurs, ne savez toujours pas ce qu’est le Quat’sous… Non ce n’est pas un opéra! Il s’agit en vérité du sexe féminin. Denise, le personnage central revient sur son enfance dans le café-épicerie de ses parents. Elle n’y revient pas avec nostalgie mais avec un regard critique. En effet, elle revient avec un regard particulier, une approche presque sociologique. La jeune fille qui se touchait le quat’sous en cachette dans la boutique de ses parents, est a présent une brillante étudiante qui sent un décalage, un fossé culturel avec ses parents.

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Photo by Photo Frédéric Desmesure

Une belle scénographie parfois mal utilisée

Je tiens à saluer la scénographe Cassandre Boy pour l’idée des panneaux en verre transparent qui bougent. Un jeu de lumière plus important aurait permis de mettre en valeur la qualité de cette structure. J’ai trouvé intéressant le fait que les personnages écrivent sur les « murs » en verre en blanc, encore aurait-il fallu que les comédiennes écrivent lisiblement. En effet seule un écrit était lisible sur les trois, or j’imagine que cela avait vocation a être lu.

Une interprétation très inégale

Par ailleurs, je tiens à souligner que la qualité d’interprétation était assez inégale . En effet si l’une des comédiennes a réussi à m’emporter par ses intentions et sa façon de faire vivre le texte ; je ne peux pas en dire autant des deux autres. Le ton était monocorde et automatique ce qui est un peu dénué d’intérêt au théâtre !!!Je ne vous cache pas que l’ennui est venu me chatouiller à de nombreuses reprises et que je me suis mise à décrocher de la pièce à penser à mon quotidien … mais je tiens aussi à souligner que l’interprétation d’une comédienne m’a raccrocher à la pièce.

En conclusion….

Je ne vous conseille pas d’aller voir cette pièce à moins que vous ayez entamé une psychanalyse sur vos origines sociales….Pour plus d’informations sur la pièce.