A la lecture du  résumé vous penserez à une pièce portant sur le racisme aux États-Unis dans les années 60, un univers à la West Side Story avec des chansons jazzy et afro-américaines. Je l’espérais aussi ! L’histoire avait bien un début et une fin mais le cœur de la pièce était un océan dans lequel le spectateur se noyait et ne pouvait donc pas saisir la fin.

Théâtre national de Bordeaux en aquitaine – Salle VautierMetteur en scène: Julien VillaScénographe : Sarah Jacquemot FiumaniLumières : Gaëtan VeberCréation: Vous êtes ici

Je vais tenter dans un premier temps de vous résumer l’histoire de cette pièce de théâtre. Je dis bien essayer car celle-ci était loin d’être claire. L’histoire se situe entre 1955 et 1970 aux États-Unis : un mouvement en faveur des droits civiques des noirs américains émerge. À Detroit ville du nord des États-Unis où la révolution industrielle est en marche, nous allons vivre cette période au côté la famille de Berry Gordy. Berry Gordy est le fondateur du label de musique « Motown ».

L’utilisation du franglais au début amusante est devenu rapidement agaçante. Monsieur Villa, était-il réellement nécessaire de parler avec ce faux accent durant l’intégralité de la pièce ? Il apparaît d’autant plus faux que tous les acteurs ne s’en saisissent pas de la même façon. Il faut compter que la pièce durait 1h55. Aussi je me suis fatiguée à reconstruire les phrases en franglais pour les comprendre, vous ne faites pas un spectacle pour fatiguer les spectateurs ? Si oui, c’est réussi !.

Monsieur le metteur en scène, chère compagnie, étant donné que vous avez construit collectivement ce texte, je me permets de vous donner un petit conseil pour la survie de votre compagnie : il faudrait penser à affiner la psychologie des personnages. En effet, il serait bon de leur donner un peu de relief. Les personnages sont des archétypes grossiers à l’image de Pupuce, la dernière fille qui est interprétée par un homme. Je n’ai d’ailleurs pas vu l’intérêt de ce travestissement. Elle doit être la représentation de l’américain obèse, mais son costume (coussns, double menton perruque…) n’a fait qu’accentuer le côté faux du jeu des acteurs. Ce costume rendait le personnage grotesque et désintéressant. Le caractère excessif des personnages aurait pu être une base solide et un support de jeu s’il avait été correctement dosé. Pour ce chaos, la psychologie des personnages correspond à un type mais n’a pas de fond. Un personnage même s’il est excessif doit avoir une histoire cohérente et c’est avec ces différentes histoires que la pièce est censée prendre vie.

En ce qui concerne la scénographie, celle-ci est très riche, cela aurait pu être un point positif dans ce spectacle. En effet ce capharnaüm organisé représentait les rues de Détroit. L’accumulation de pneus ou de pare-chocs, mêlée à la paille et à un vieux canapé ne laissait pas la possibilité aux spectateurs de se projeter dans un réel univers. Heureusement le TNBA avait distribué son fascicule à l’entrée ! Par ailleurs, certains passages ont lieu dans la maison de la famille Gordy. Ils se déroulent dans la cuisine afin de bien mettre en valeur la gourmandise de Pupuce qui va ouvrir à maintes reprises le frigo.

Je terminerai cette critique en musique par une note positive ! Les chanteurs qui ont interprété les titres majoritairement a cappella méritent les applaudissements, ; En effet, l’interprétation profonde et grave est l’un des rares élément qui m’a transporté dans l’Amérique des années 70.